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Cela fait plusieurs années que je suis une élève de Rav Shalom Aroush et que ses enseignements m’ont changé la vie comme beaucoup d’autres. Je savais que le Rav parlait souvent de rechercher en soi ses « Nékoudot tovot », c’est à dire ses points positifs. Moi-même j’en étais arrivé à cette conclusion par mes propres réflexions. Mais allez-savoir pourquoi? je n’avais pas été au bout de cette pensée. Jusqu’à ce que je traverse un gros échec sentimental, et là, j’ai compris que je n’avais plus le choix, il fallait me mettre sérieusement au travail.

Lorsque j’ai remarqué que plusieurs personnes de mon entourage me rejetaient soit par des paroles réellement vexantes, soit par de la colère à mon égard, j’ai compris qu’Hach-em m’envoyait un message. J’y ai médité et je me suis posée la question de ce qu’Il attendait de moi? Etais-je une si mauvaise personne, pour mériter un tel traitement? Ou alors, était-ce le contraire qui était vrai? De prime abord, lorsque les gens s’opposent à nous, nous nous imaginons que c’est parce qu’il y a du mal en nous. Mais c’est justement le contraire.

La prise de conscience

Rabbi Nathan, l’élève principal de Rabbi Nahman, a été confronté à l’opposition pratiquement toute sa vie. Dans ses jeunes années, ses parents, ses beaux parents et même sa femme s’opposaient à lui. Et Rabbi Nahman a dit que c’était parce qu’il n’avait pas assez confiance en lui. Lorsque j’ai su cela, la première pierre de l’édifice a été posée. Puis une thérapeute m’a posé la question suivante: « est ce que vous vous aimez? ». Ce à quoi j’ai répondu :  » vous tombez à pic, car je me suis déjà surprise à me dire que je me déteste! ». A la suite de cela, en relisant la sagesse féminine du Rav Aroush pour la nième fois, j’ai eu l’impression de découvrir un chapitre pour la première fois. Le Rav écrit que tant que la femme n’est pas contente d’elle-même, il lui est interdit de faire autre chose que rechercher ses bonnes qualités! Je suis tombée des nues. Quoi on abandonne le travail sur tel trait de caractère, sur telle mitsva qu’on n’arrive pas à accomplir? On abandonne tout? Et bien oui! Tant que l’âme d’une personne est malade, elle ne peut rien faire.

Au travail!

Alors j’ai commencé à lister mes qualités, et je les ai développées :  » je suis douce: c’est vrai que je parle avec beaucoup de douceur, car j’aimerais qu’on me parle ainsi. Même quand, on me titille j’essaie de ne pas hausser le ton etc, etc ». Et pour vous dire la vérité, j’ai eu le sentiment d’être une autre personne, bien meilleure et beaucoup plus forte. J’ai même senti un changement physique. Moi qui avait très souvent la poitrine serrée, qui me tenait un peu courbée, je me suis redressée et me suis sentie libérée. J’ai compris au fur et à mesure que j’étais quelqu’un de bien, et cela, même quand je commettais des erreurs. J’ai appris à ne plus voir les critiques comme des coups de couteaux. Au lieu de cela, je me répétais dans la tête que j’étais quelqu’un de très bien lorsqu’on me critiquait. Alors ces remarques extérieures ne m’atteignaient plus et ne me dévalorisais plus. Je décidais que ma valeur ne dépendait pas du regard des autres, mais de mon propre regard à moi. Si j’avais de la valeur à mes yeux, le monde entier pouvait penser ce qu’il voulait de moi, je restais un être de valeur. Et cela malgré mes échecs. C’est vrai que j’ai échoué dans tel domaine et que je suis encore en situation d’échec, mais je peux y trouver de la valeur. Quand une personne réussit, on se dit qu’elle a de la valeur. Je pense qu’une personne qui échoue et garde le sourire, a de la valeur. Car de la réussite on n’apprend rien : H-achem nous l’a donne et c’est tout! De l’échec, on peut choisir de rebondir et là est toute notre valeur: car on agit.

Concrètement, qu’est ce que vous nous conseillez?

C’est simple, comme le dit Rabbi Nahman, une des choses qui donne le plus de force à l’homme est de considérer ses traits positifs. Alors, asseyez vous, écrivez vos qualités et prenez le temps de développer chacune d’elle. Ce sera peut-être difficile au début, mais plus le temps va passer et plus vous en découvrirez des nouvelles. Consacrez une demie-heure par jour à cela, c’est rien du tout! Vous ne passez pas une demie-heure par jour au téléphone à raconter vos misères à votre meilleure amie? H-achem est votre plus grand ami, racontez Lui vos qualités. Et puis, quand vous êtes seule dans la salle de bain, répétez-vous combien vous êtes extra-ordinaire! C’est vrai, on est toutes uniques!