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Dans la situation toute particulière de la propagation du Coronavirus, nos vies ont changé du tout au tout. Beaucoup de chamboulements se sont opérés dans notre train-train quotidien: confinés à la maison la majorité de la journée, plus de possibilité d’aller au travail, les enfants n’ont plus école, les mamans se transforment en professeurs intérimaires, les voyages pour pessah annulés, les sédarim passés en petit comité.

De quoi limite rentrer en depression….

Mais si justement, tout ce stress était là pour nous montrer la chance que nous avions? Si en fait, cette situation était là pour que nous réalisions toutes ces bonnes choses qui constituent notre quotidien?

Certains avaient l’habitude de voyager pour pessah et cela leur paraissait tout à fait normal? Et bien aujourd’hui, même prendre l’avion n’est pas possible.

D’autres recevaient tous les ans, pour le seder, 20 personnes, mais trouvaient cela fatiguant? C’est quand même mieux qu’un seder en tête à tête avec son mari?

Certaines mamans se plaignaient devant la quantité de devoirs de leurs rejetons. Mais quand c’est plus simple que de prendre la place du prof et de devoir donner cours à sa place.

Le simple fait de pouvoir sortir librement dans la rue sans devoir donner de comptes à personne, nous manque tellement.

Passer quelques jours en Israel, rendre visite à la famille et faire un petit tour à Kotel, chose tellement simple habituellement, ne nous est même pas possible à l’heure où nous écrivons cet article.

Rabbi Nathan a écrit dans son livre Alim Litroufa, des lettres à son fils Rabbi Itshak. Dans l’une de ses lettres, son fils se plaint de ses souffrances. Alors, Rabbi Nathan lui demande d’arrêter de se plaindre comme si toutes les souffrances du monde lui tombaient dessus. Mais il lui enjoint au contraire d’utiliser ses souffrances pour se rapprocher de D’. Comme Rabbi Nahman l’enseigne dans le Likoutey Moharan, dans lequel il explique le psaume  » Dans la détresse Tu me mets au large ». En réalité, dans chaque souffrance il y a un soulagement qui peut nous donner du courage et nous rapprocher de D.

Aussi, nous avons eu l’idée de réunir des témoignages de gens, qui comme vous et moi, ont vécu le confinement, mais y ont vu les bonnes choses sur lesquelles elles pouvaient remercier H-achem.

Temoignage de Nathalie B.

« J’habite à bnei brak depuis une dizaine d années et j’avoue que le coronavirus nous a apporté pas mal de choses, et ce, particulièrement dans le domaine de la ahdout (l’union entre tous les bnei israel) quelque soit la classe sociale ou le niveau religieux.

Nombre de nos voisins ont dû rester confinés chez eux en « bdidout », en isolement.

Tous se sont mobilisés pour livrer les courses aux personnes isolées ou bien pour leur préparer des plats.

Ils les laissaient bien évidemment devant la porte des personnes confinées et ces dernières étaient bien contentes que l’on puisse les dépanner dans cette situation très particulière.

Les soldats nous ont aidé et nous aussi nous leur avons porté de l’aide.

Ce qui m’a le plus marqué c’est la nuit du Seder de Pessah.

Alors que tous les Juifs de la terre d’Israel avaient décidé de chanter ensemble Ma Nichtana à 20h30 à leur fenêtre, nous aussi, à bnei brak avions reçu l’instruction de Rav Haim Kaniewsky de prendre part à ce magnifique spectacle.

Ce virus nous a tous unis, sans distinction de niveau religieux ou de classe sociale.

Par ailleurs, nous nous sommes particulièrement renforcé dans la tfila ( la prière), pour nos proches hospitalisés bien sûr, mais aussi pour tout le peuple Juif en général.

Mon mari a même témoigné que notre maison est devenue une véritable synagogue! 

Aurait-on pu s’attendre à une telle chose?

Et une dernière chose, comme toute la famille est confinée , nous avons « découvert »  des qualités de chacun des membres de la maison.

Je m’explique. D’habitude chacun passe  la majeure partie de la journée à l’école, au kollel, au travail, à la yechiva , à la crèche…..

Mais depuis le confinement, nous sommes tous réunis 24 heures sur 24.

Des liens se sont créés entre les enfants. Je vois l’ainé de 16 ans jouer avec sa petite soeur de 1 an !!!!

Nous, les parents, découvrons nos enfants ! j’ai decouvert, par exemple, qu’un des enfants aimer organiser des programmes: atelier peinture, atelier couture … »

Merci Nathalie, pour ce témoignage d’Eretz Israel.

Cela fait du bien d’entendre des bonnes nouvelles de notre cher pays.

Encore un autre témoignage d’Eretz, mais cette fois-ci de Jérusalem, de ma chère Rabbanit, la Rabbanit Liberato.

Lorsqu’elle a été informée que les enfants n’avaient plus école juste avant pessah, sa première réaction fut de remercier H-achem.

Et bien disons, qu’elle en a été récompensée, voici son témoignage:

« Je remercie H-achem de m’avoir grandement aidée dans cette période de confinement. Je m’attendais à ce que ce soit beaucoup plus difficile de rester à la maison avec les enfants.

Mais finalement ça s’est très bien passé Baroukh Hache-m. 

J’ai vraiment apprécié le fait de ne plus avoir à courir tous les matins pour préparer tout le monde, et les amener à l’heure à l’école. 

Par ailleurs, nous avons vécu des moments très spéciaux : nous avons récité plusieurs fois la prière tous ensemble avec les enfants. 

Et pour couronner le tout, nous n’avons manqué de rien malgré le confinement.

Merci H-achem »

Revenons à Paris, avec Corinne, qui a réussi à se ressourcer dans la période de confinement. Et oui, nous sortirons peut-être avec quelques kilos en trop du confinement, mais comme l’a dit le premier ministre: « la vie après le confinement ne sera pas la même qu’avant ».

C’est vrai, car nous aurons grandi de cette épreuve et nous aurons pris conscience de certaines choses.

Voici un très joli temoignage :

« Si on fait abstraction du coté tragique et dramatique de la situation que nous traversons, et observons ce que le confinement apporte de positif, il est clair pour moi, qu’il m’offre l’extraordinaire possibilité d’un recentrage personnel et, inter-relationnel au sein de la cellule familiale.

J’ai tellement pris l’habitude d’être sollicitée et envahie par les diverses tâches et mon travail au quotidien, mais aussi dispersée par les médias, les publicités, les écrans tous formats, la sur-consommation…

Ce confinement m’offre la possibilité d’un arrêt sur image, d’un questionnement et d’un retour à l’essentiel.

Loin du tourbillon quotidien, je me recentre sur moi (ah oui !j’existe !) ainsi que sur mes proches (ils existent eux aussi !) 

Je les redécouvre à travers nos repas en famille, je partage des jeux et autres activités avec les enfants, on discute davantage.. et on se dispute aussi, mais là, il n’y a ni fuite ni échappatoire : le seul but est de construire !

Je prie pour mon prochain avec plus d’intensité, je ressens de la joie et la reconnaissance quand j’entends rétablissement d’un malade, je m’émerveille de l’arbre en fleurs vu de la fenêtre de la cuisine …

Et surtout je me place sous la protection d’HM et Le remercie 

pour Tout ! »

Quel beau message!

Il est complété par un message d’une autre parisienne qui a pris conscience aussi que le confinement nous a permis de sortir de toutes ces choses superficielles qui nous paraissaient essentielles.

Et si finalement nous étions tous des enfants gâtés qui ne s’en rendent pas compte?

« Nous avons passé des fêtes authentiques, comme nous les passions avant. Le seder a eu lieu en famille, chez nous, et non lors un seder communautaire, loin de la maison dans un hôtel. C’était l’occasion pour ceux qui n’avaient pas de vaisselle de pessah d’en acquérir une, même s’ils qu’ils étaient mariés depuis bien longtemps.

Les enfants ont été au centre du seder comme cela devrait toujours l’être.

Et non comme, lorsque la famille est réunie au grand complet (avec les grands parents, les tontons, tatas) dans laquelle, les enfants n’ont plus la place prépondérante qui leur revient.

Les mariages ont retrouvé leur dimension authentique également. Ils ont été célébrés uniquement en famille et non dans une grande salle avec des centaines d’invités.

Tout simplement comme avant, lorsqu’ils été fêtés autour d’un simple repas familial.

Par ailleurs, nous les mamans, avons fait un grand travail sur nos midots vis à vis des enfants.

De plus, n’étant plus accaparées par la course du quotidien, nous avons passé plus de temps avec eux, à leur grande joie.

Pour honorer le chabat et le différencier de la semaine, j’ai décidé de faire un effort sur l’esthétique bien plus qu’à l’accoutumée.

Nous passons tellement de temps à la maison que le chabbat perdait de son charme. J’ai alors décidé de me mettre sur mon 31 et ai mis les bouchées doubles pour décorer la table de chabat. Quel beau chabat nous avons passé!

Enfin, un petit clin d’oeil du côté religieux, pour ceux qui avaient du mal à refuser de serrer la main aux personnes du sexe opposé.

Le virus nous a permis de ne plus avoir honte de ce refus.

En effet, il fait partie des gestes barrières. »

Un petit tour en Belgique avec le témoignage de Diane, qui nous résume un peu tous les autres témoignages :

« Le confinement m’a permis de ralentir la course effrenee contre la montre : rythme plus serein, pas d aller retours à l’ecole,pas de reveil à 7 h du matin.

Cette période m’aura aussi appris à n’acheter que l ‘essentiel :nourriture et vêtements. Pas de dépense superflue pour de la décoration , des objets en tout genre plus ou moins inutiles.

C ‘est un temps aussi qui permet de se remettre en question dans sa façon de vivre , essayer d ‘ameliorer son relationnel avec ses proches ,passer du temps de qualité avec sa famille , telephoner aux personnes les plus seules et le plus en difficulté.

On est plus attentif aussi aux personnes agees(j’emmene les journaux et quelques courses à ma voisine agee), il y a plus de solidarité entre les gens, beaucoup d’entre aide entre voisins. « 

Je me suis toujours demandée pourquoi nous sommes autant occupées, nous qui bénéficions de tellement de confort dont nos grands-mères ne bénéficiaient pas ( machine à laver, eau courante…)

Et bien c’est simple car nous nous sommes rajouté pleins de choses superficielles comme avoir une garde robe pleine à craquer, devoir nous faire les ongles toutes les semaines, aller à la salle de sport…

Mais maintenant comme Diane le dit ci bien, nous nous contentons de l’essentiel!

Et si nous voyons comment les Rabbanim vivent cette situation inédite?

Voici le témognage de rav Liberato qui a pris conscience de grandes choses grâce au Coronavirus.

Il a même guéri d’une manière incroyable grâce au simple remerciement:

« Au tout début du confinement, en réalité le premier jour, je suis rentré chez moi fiévreux. Et pendant près d’une dizaine de jours cette fièvre m’a vidé de toutes mes forces.

J’ai passé le plus clair de mon temps au lit sans la moindre force, avec une seule envie : l’envie de dormir.
La fièvre partant et revenant, j’ai lutté contre toutes sortes de pensées d’auto culpabilisation car je ne faisais rien le plus clair de mon temps  »grâce » à cette fièvre. Alors que je savais qu’il y avait beaucoup à faire, mais j’en étais incapable.

Après la fièvre, j’ai commencé à tousser.

Je vous laisse imaginer tout ce qui me passait par la tête.

J’avais bien tous les symptômes.

Alors, j’appliquais le conseil du Rav Chalom Arouche, à savoir de remercier 15 minutes Hachem pour mes souffrances et de faire huit fois le psaume numéro 100.

En moins de deux jours, la toux a disparu et j’ai pu reprendre une vie normale.
Ce que j’ai vraiment compris grâce à toute cette situation, c’est que rien n’est entre mes mains.

Je savais déjà cela mais cette fois-ci je l’ai vécu dans ma chair.

J’ai compris que toutes les fois où j’avais de l’énergie, où j’avais de la force pour faire et accomplir des choses, c’était uniquement par la grande bonté du Créateur. J’ai vraiment ressenti qu’Hachem ne me devait rien et que toutes les fois où Il me permettait de faire et d’être en bonne santé, c’était un pur cadeau gratuit.

La première fois où je suis reparti en forêt pour faire hitbodedoute et parler avec le Créateur, j’ai eu un plaisir énorme, rempli de cette sensation que chaque instant que je vivais maintenant est un pur cadeau. 

La vie est un cadeau et ce virus me permet de l’apprécier à sa juste valeur. »

Woua quelle émotion! Et quelle prise de conscience énorme. Ce virus nous permet vraiment de réaliser combien nous sommes riches alors que nous n’en sommes pas conscients!

Un petit virus qui nous fait prendre conscience de grandes choses!

Retour en région parisienne avec le témoignage de Delphine qui a bien aimé le confinement:

« Les plus du confinement c’est avant tout de travailler sa patience, mais aussi d’avoir beaucoup plus de complicité avec nos enfants.

 On prend plus de temps avec eux pour faire des choses que d’habitude on peut pas. Comme faire la cuisine, des gâteaux, des jeux de société, discuter etc. Moi jai vraiment pris plaisir  a être avec chacun. 

Le positif est qu on relativise quand on voit autour de nous ! Et aussi pessah n a pas été un stress cette année ! On a eu le temps de faire le ménage dans les moindre details sans stress. Et aussi ça me permet de trier des placards, réorganiser ma maison , chose que je n ai pas le temps de faire en temps normal ! J apprends aussi des  nouvelles recettes »

Et si on faisait un petit tour à Lyon avec Mme G, pour un joli témoignage:

« Bien que le confinement ait été difficile au début surtout parce qu’il a fallu s’organiser pour pessah et que les nouvelles de l’extérieur étaient particulièrement angoissantes et tristes, cette épreuve m’a permis de prendre conscience d’un certain nombre de choses. Je me suis rendue comptequ’on pouvait se recentrer sur l’essentiel et éliminer le superflu tant en terme de nourriture qu’en terme de mode de vie. Ce confinement m’a surtout permis de me connecter davantage à H-achem, de prier avec plus de cavana (intention) en prenant le temps de me concentrer et de prendre le temps: le temps de cuisiner, de prendre mes repas avec mon mari et de parler avec lui, de prier, de me reposer, d’appeler les personnes isolées, de prendre des nouvelles de mes enfants et de mes petits enfants, d’écouter des shiourim ( cours de torah). Ce confinement nous a montré qu’Hachem est le Créateur, le Boss, qu’Il peut fermer le monde quand et comme Il le souhaite et qu’il faut le remercier tous les jours de pouvoir se lever et respirer. »

Revenons à Jérusalem pour un autre témoignage d’une femme pour qui le confinement était vraiment un cadeau d’H-achem, pré messianique.

Décidément, il semble qu’en eretz le virus a été vraiment bien accepté.

Attention, décollage pour un témoignage qui en vaut vraiment le détour:

Bsd

Les avantages du confinement:

Voir le verre à moitié plein…

Et remercier le Créateur du monde :

Il est certain que la douleur est immense face aux drames que nombreux d’entre nous traversent en ce moment, cependant, la vie continue et je perçois par ailleurs à tout instant la Toute Puissance Divine, infinie et clémente…

Tout d’abord, ce petit mal monstrueux invisible et pour le moment invincible, ne devient mortel dans la plupart des cas qu’à partir de 70 ans.

Que tout le monde ait santé et longue vie jusqu’à 120 ans, mais imaginons un instant l’inverse, que la population la plus en danger soit celle âgée de 0 à 20 ans !

Que D. préserve !

Imaginez l’affolement, la peur permanente et insoutenable de nous tous : parents.

Encore une fois, que D. nous sauve tous, mais les enfants sont préservés, D. merci.

Ensuite, et ce depuis le début de cette « drôle de guerre », je vois le cadeau Divin inestimable qu’est selon moi une sorte de purification. Un temps intermédiaire entre une ère et une autre qui s’apprête à advenir, et tout comme Hachem demanda aux enfants d’Israël de se purifier avant de recevoir la Torah, Il exige indirectement de nous de le faire aujourd’hui, pour une raison que j’ignore, mais faisons-Lui confiance, Il commence peut-être à nous permettre de nous rapprocher de Lui d’une manière plus dévoilée.

On vit une période de nettoyage, parallèlement au nettoyage de Pessa’h qui est derrière nous de puis peu. 

Regardons ce qui se passe : 

Le chacun chez soi autrefois critiquable est devenu le salut de l’humanité, et il nous offre de nombreux avantages plus que profitables, en effet aujourd’hui, les vols, cambriolages, débauche, pollutions en tous genres de l’atmosphère physique comme spirituelle ont presque disparu !

Moins de voitures, fini les boîtes de nuit, terminé les agressions, …

Et en contrepoids de tout cela, les prières traversent nos cerveaux, bouches, et ondes à longueur de journée, chacun se mettant à vivre une quête spirituelle pour chercher un sens à tout ça, une explication, un espoir !

Vers qui se tourner quand carrière, shopping, course à l’argent, aux honneurs, aux plaisirs débridés n’ont plus lieu d’être, tous enterrés, morts d’un coup fatal du corona invisible, et si puissant pourtant, qu’il terrasse l’Homme s’étant cru jusque-là tout puissant ? 

Tout le monde s’interroge à présent, et c’est bon, ça fait grandir.

C’est la spiritualité qui l’emporte enfin, et rapproche tous les humains de leur Créateur.

On perçoit tous que l’on ne maîtrise rien, et que finalement on a peut-être un Papa là-Haut, ignoré depuis si longtemps, sur Lequel on peut se reposer.

L’Homme qui semblait si invincible peut donc disparaître en un rien de temps, vaincu par un mal microscopique, Divin ?

On retourne dès lors à de vraies valeurs, il ne rime plus à rien du tout de miser sur l’extériorité, et il ne reste qu’à construire l’intériorité :

Il faut s’entendre avec ses proches entre quatre murs, et c’est donc la personne dotée de bonnes midoth (bons traits de caractère) qui s’accommode bien de la situation, et non pas celle qui est la plus jolie, attirante, connue, ou riche.

On est tous privés de la partie extérieure et matérielle de la vie, même dans le domaine spirituel : pas de prière en myniane, pas de Talmud Torah, Yéchiva, etc.

Toutefois, ce qui est spirituel se poursuit, car nul ne peut nous empêcher de prier ni d’étudier la Torah, on le fait donc d’une autre façon, c’est tout, et c’est tellement beau tous ces Yéhoudim (Juifs) sublimes qui prient depuis leur balcon en s’unissant envers et contre tout pour louer Leur Créateur, seul dispensateur du Bien ultime.

Celui qui n’a pas de balcon parle seul avec Son Créateur depuis son salon, ou bien avec sa femme et ses enfants, une synagogue familiale, ce fut un grand bonheur ! Tous ceux qui ont investi dans une vie spirituelle ne sont donc privés de rien, car rien ne peut couper le lien avec Hachem qui ne nécessite aucun fils électrique ni chargement d’aucune batterie.

Il est donc plus que jamais temps d’investir dans les valeurs sûres et éternelles que sont la Emouna (foi), et la construction d’un vrai lien avec Hachem, et non plus dans celle qui ne laisse qu’un goût amer dans le c?ur, qu’est la satisfaction de l’ego.  

-Espoir 

On sent tous que les temps ont changé et que la vie ne sera plus jamais la même désormais, notre espoir dans la venue du Machia’h (le Messie) est donc plus intense que jamais, on entre dans une nouvelle ère, traversés par une nouvelle conviction !

On étudie plus, on cherche des réponses à nos questions soudain devenues métaphysiques, on se tourne donc naturellement vers Hachem et la Torah, « mode d’emploi » de la vie.

On prie sans cesse les uns pour les autres, tant de connaissances sont touchées directement ou non par ce covid-19 au nom tellement expressif… ne sommes-nous pas touchés de plein fouet par notre propre vide ?

Il est tant de se remplir.

Immense solidarité, tant de détresse et de drames !

Et on a le temps !

Enfin !

N’est-ce pas incroyable ?

Moi qui me demandais, débordée de travail, en plus de ma grande famille, D. bénisse, où j’allais caser mon ménage de Pessa’h, j’ai eu tout mon temps, on a travaillé en équipe, et je suis donc entrée dans la fête avec Msouki, Yabrak et nombre desserts, en toute sérénité. Merci Hachem.

Le temps ! cette denrée si rare et précieuse dans notre génération, nous est apporté sur un plateau livré à la maison depuis des semaines, et nous le mettons à profit :

Combien de chaînes de prières, Téhilim, hafrachath ‘hala et autres Mitsvoth merveilleuses avons-nous le privilège, femmes juives, d’offrir au monde, faisant ainsi advenir la Guéoula (Délivrance) qui aura lieu grâce au mérite des femmes vertueuses ?

C’est là le vrai service Divin, sans fard, sans tricherie, chacune chez soi, sans aucun regard posé sur nous, ce qui est déjà une délivrance en soi, à construire son être authentique. On nourrit notre âme, il était temps !

-Obligées de travailler sur soi 

La construction de l’intériorité passe inévitablement par le travail sur soi et la remise en question personnelle, sinon c’est l’impasse ! Pour harmoniser son foyer, il est impératif aujourd’hui, plus aucune fuite possible, de s’améliorer au plus vite, sinon l’atmosphère à la maison devient irrespirable, c’est encore un pas vers la purification de l’humanité. Chacune réfléchit intensément, demande conseil, s’interroge, il faut harmoniser les contraires ! Le couple y gagne, et donc bien sûr aussi les enfants. Il nous faut apprendre la patience, la maîtrise de soi, le sourire quoi qu’il arrive, et ne pas hésiter à se faire aider si c’est trop difficile.

-Fini le stress 

Finie la course du matin pour préparer les enfants au départ pour l’école, et nous-mêmes lorsqu’on sort travailler à l’extérieur !

Et fini le stress de devoir les coucher à l’heure le soir, afin qu’ils parviennent à se réveiller à temps le matin. Combien de conflits évités ! 

Le temps est devenu flou et élastique, une souplesse qui permet de mieux respirer, on n’est plus contraintes par les horaires, rigides et génératrices de grand stress.

On se contente de vivre avec peu, avec l’essentiel, encore une fois, retour aux vraies valeurs et aux choses essentielles de la vie. Nous sommes nombreux à ne plus avoir de travail et donc, à soudain devoir vivre avec beaucoup moins d’argent. Mais le luxe s’oublie vite, quand on réalise ce qu’on y gagne : la découverte ressentie profondément que l’argent ne fait pas le bonheur, que la seule vraie sim’ha (bonheur, joie profonde) provient d’Hachem, et que la seule chose qui aide dans la vie est donc de s’efforcer de se rapprocher de Lui, grâce à la Torah et aux Mitsvoth.

Femme et mère plus disponible

On a aussi enfin du temps pour écouter et satisfaire les besoins de chacun, physiques et émotionnels… Nous sommes détendues, on a tellement moins sur la tête, plus besoin de courir après la nouvelle jupe à acheter à notre fille de sept ans qui a poussé si vite durant l’hiver que tout lui est trop court, on rallonge les ourlets ; plus de docteur ni d’antibiotique pour un oui ou pour un non, on évite les rapprochements avec le monde médical, une petite fièvre ? On la laisse travailler, c’est notre meilleure alliée, une petite diète, et l’enfant se porte comme un charme après trois jours de fièvre régénératrice (conseillées médicalement par téléphone). On est là, présentes, et tout à nos occupations intérieures, dévouées pour nos proches, donc on donne plus et mieux

Les rencontres familiales se sont multipliées aussi, on se retrouve pour les repas, comme dans mon enfance, non plus seulement durant Chabath, on se chamaille, on rigole, on vit enfin ensemble. Et nous femmes, faisons venir la Guéoula en s’efforçant de créer une atmosphère joyeuse ! 

Découverte du silence

En Israël, au moment du plus strict confinement, on avait le sentiment que tous les jours c’était Kipour, seul jour de l’année où personne ne prend sa voiture, en tous cas à Jérusalem.

C’est si bon le silence

C’est du vrai, du spirituel, du repos pour l’âme, contre le bourdonnement permanent et éreintant de la circulation citadine.

Merci Hachem

Sentiment de fraternité avec l’humanité

On est tous, et c’est bon, au moment où l’on réfléchit à l’état du monde, dans la même situation, à vivre le même combat, à lutter pour la même merveilleuse vie qui nous est offerte par Le Créateur. La préservation de la vie, le plus beau cadeau qui soit, devient l’objectif, et c’est une Mitsva, de tous les chefs de gouvernement du monde, ou presque, de tous les groupes politiques et religieux, de chaque individu. On souhaite se protéger et protéger nos frères humains, quelle merveille !, chaque seconde passée à la maison pour ne pas se mettre, ni mettre en danger, constitue dès lors une Mitsva, chaque prière, pourtant isolée, devient un hymne à la vie, et Hachem nous voit, nous aime, fier de nous et de notre capacité d’adaptation à toute situation quelle qu’elle soit, en vue de protéger la vie qu’Il nous accorde et ordonne de respecter avant tout.

Voilà un peu en vrac, les pensées et sentiments qui me parcourent depuis ce confinement qui représente en quelque sorte un état de chrysalide avant l’envolement du papillon, la Délivrance Finale qui aura lieu si D. veut mi méhéra béyaménou, amèn véAmèn.

Il faut tenir bon : confiance, espoir, prière, et travail sur soi.

Affectueusement 

Sim’ha Brami, Ramoth, Jérusalem  

Roch ‘Hodèch Yiar 2020