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Inspiré en partie du livre « Hasod chébekha » de Rav Meir Chlomo

Pour écouter l’audio voici le lien : https://drive.google.com/open?id=18y2zZ66EKUTdR2Xh9ZC9rXyuVx5CLnWe

Rabbi Nahman dit que chacun d’entre nous a un point dans lequel il est meilleur que tous les autres.

La guémara raconte qu’il y avait un homme qui s’appelait Aba Oumana. Une voix céleste sortait tous les jours pour le saluer, alors qu’elle ne sortait que chaque veille de chabat pour Abaye et chaque veille de kippour pour Rava.

Aussi, Abaye souhaitait savoir quelles étaient les actions de Aba Oumana pour mériter une telle récompense.

Ce dernier était médecin et pratiquait les saignées. Par pudeur, il avait 2 salles d’attente: une pour les femmes et une pour les hommes. Il mettait un habit sur les femmes, et ce afin de ne voir que la partie sur laquelle il devait réaliser une saignée.

Il avait disposé une boite, en dehors de son cabinet, pour recevoir ses honoraires. Ainsi, les personnes qui n’avaient pas les moyens, n’avaient pas honte de ne pas pouvoir payer.

Des cieux, on a fait savoir à Abayé qu’il ne pouvait agir comme Aba Oumana, car c’était le point fort de Aba Oumana. Et si Abayé agissait ainsi il ne réalisait pas son point fort à lui.

Chacun d’entre nous a un point fort, et il ne faut pas essayer d’imiter les autres car ainsi nous ne réaliserons pas notre point fort. Il y a beaucoup d’exemples de justes qui ont pris une mitsva et qui l’accomplirent de la façon la plus parfaite, quitte à en parler tous les jours, même s’il s’agit d’une mitsva qui ne se présente qu’une fois par an (comme de manger de la matsa).

Nous devons tous essayer de rechercher notre point fort. Pour quelle mitsva nous investissons le plus, sans forcément avoir besoin de déployer beaucoup d’énergie.

Je pense aussi qu’il peut s’agir d’une bonne habitude, d’une bonne action, bref de quelque chose de bien. Car le yetser ara veut toujours nous décourager et nous faire croire que nous ne sommes pas des gens biens. Il retire toute la valeur de nos actions et nous donne le sentiment que nous n’en faisons pas assez.

Je viens d’écouter un cours du Rav Liberato sur joie2vire.org. Dans ce cours le rav enseigne que parfois même une petite action a une très grande valeur. Pour illustrer ses propos, il raconta une histoire assez connue qui doit rester constamment dans nos esprits. C’est l’histoire de deux femmes qui s’investissaient énormément dans la tsédaka. Ces dernières s’étaient promis que la première d’entre elles qui quitterait ce monde, pour le monde de vérité, raconterait à l’autre, en rêve, ce qui se passe dans l’autre monde. Et la première des deux qui partit, vint comme promis voir son amie en rêve et lui dit :  » Sache que notre récompense dans l’autre monde pour nos actes de bonté est incommensurable. Mais sache aussi, qu’une fois j’ai levé la main en appelant une femme pour l’inviter à faire un don et j’ai été encore plus récompensée pour cet acte que toi. »

Il nous arrive de penser à toutes les mitsvot que nous aimerions réaliser dans la journée :  » j’aimerais faire ma tfila, faire hitbodedout, j’aimerais écouter un petit cours de torah, j’aimerai lire des téhilim… » Et prises par les obligations du quotidien, nous ne trouvons pas le temps de toutes les faire. Ou bien, nous ne les réalisons qu’en fin de journée en nous assommant de reproches : » je n’ai pas encore fait ma prière », « faut absolument que je lise mes téhilim »,  » encore une fois je n’ai pas prié aujourd’hui ».

Et si nous décidions de changer notre regard sur nous même?

Si nous décidions, au lieu de voir tout ce que nous n’avons pas réalisé dans notre journée, de regarder tout ce que nous avons eu le mérite de réaliser, même les petites actions. « Ah, grâce à D j’ai dit Moda Ani », « j’ai fait nétilat yadaim », « j’ai appris 2 halakhot ».

Le mauvais penchant nous embrouille en nous disant :  » mais c’est quoi dire modé ani? C’est normal de dire ça. Et puis cela ne vaut rien ». Mais au contraire, c’est en regardant nos petites actions, en nous félicitant pour celles-ci que nous trouverons la force d’en réaliser d’autres.

C’est ce que dit Rabbi Nahman dans le Likoutey Moharan. Il dit que, ce qui donne le plus de force à un homme, c’est de voir le bien qui est en lui. Et que beaucoup de gens ne prient pas comme il convient, et ne font pas ce qu’ils sont capables de faire à cause de leur tristesse.

Ce conseil fonctionne également au travail. Parfois, vous vous sentez submergées par la quantité de travail qu’il vous reste à réaliser et même si vous avancez, la to do list reste quand même pleine et longue. Alors, au lieu de regarder ce que vous n’avez pas encore fait, regardé plutôt ce que vous avez fait. Félicitez-vous pour chaque tache que vous avez terminée. Et cela vous donnera les forces de continuer jusqu’à barrer tout ce qu’il y a sur la liste.